mercredi 19 mars 2008
Flexicurité
Par Shinji |
mercredi 19 mars 2008 à 06:07 | Dans General
Notre si glamour Président de la République en avait fait l'un de ses slogans de campagne. La flexibilité suppliée par les patrons, la sécurité exigée par les syndicats. Entre les deux, aucun accord possible, mais ce mot, sensé réconcilier tout le monde. Ou pas.
Un argument phare autours de cette "flexicurité" est l'exemple anglo-saxon. Les travailleurs, nous dit-on, peuvent se faire licencier facilement, mais trouvent également du travail beaucoup plus facilement, ce qui rend le chômage plus court, et donc moins problématique pour eux, tout en laissant toute la flexibilité nécessaire aux employeurs. C'est ce qu'on voudrait en France ? Peu de gens, en fait, m'est avis, souhaitent cela. Ce besoin de flexibilité en France se heurte à un état d'esprit général : "un travail pour une vie".
Eh oui. Tout en constatant dans tous les manuels d'histoire la déception japonaise lorsqu'ils ont du réviser ce modèle, la majorité des Français reste enfermé dans cet idéal d'un emploi stable, pour la vie. Ce qui ne doit pas emplêcher une évolution de carière, des mutation possible (mais toujours choisies, jamais subies) ... Bref, dès qu'il s'agit de travail, le Français est un idéaliste. Dur d'accepter ne serait-ce qu'un peu plus de flexibilité dans ces conditions ...
Il existe cependant un compromis. Pas utilisé dans tous les métiers, le travail de "prestataire de service", ou "consultant". Officiellement, il s'agit, pour des "sociétés de conseil" (SSII), de donner leur avis sur une problématique dont l'entreprise client n'a pas les moyens (humains, technologique, ou connaissances) de chercher la solution. Le consultant est donc salarié de la SSII (en général en CDI), ne reçoit d'ordre que d'elle (charge au commercial de transmettre les directives et les souhaits du client au consultant) et n'a de comptes à rendre qu'à elle. Dans les faits, il s'agit rien de moins qu'une forme d'interim "de luxe" (puisque CDI, donc payé même en l'absence de mission) : les ordres viennent toujours du client et non de la hiérarchie au sein de la SSII, les congés sont acceptés ou refusés en fonction de l'avis du client, et très souvent, le consultant est considéré par le client comme un employé à part entière, l'évolution de carière en moins.
L'avantage de ce type de contrat, pour la société client, est évidement une grande flexibilité : le consultant n'est pas un employé, mais une ressource, un peu comme du matériel de location. La mission peut donc prendre fin à tout moment, et l'arrivée d'un consultant peut être très rapide. Vous avez dit flexibilité ? L'inconvénient, c'est évidement le coût, puisqu'il faut bien payer les commerciaux, patrons et services administratifs de la SSII (plus ses bénéfices, bien sur). Mais étant donné l'essor des sociétés de service, on est en droit de penser que c'est un prix que les entreprises sont prêtes à payer ...




